Groupe de parole sur la parentalité

Le Collège des parents en partenariat avec la F.N.A.F.A. a organisé un groupe de paroles avec les membres de l’association Entraide et Espoir du 19ème arrondissement de Paris le 22 août 2008. Une quinzaine de personnes participaient à cette rencontre d’échanges sur les questions de la Parentalité, la Famille et de l’Education.

Le mot d’accueil est revenu à Kadiatou Diabira responsable administratif de l’association. Elle a indiqué que l’association est aujourd’hui incontournable dans le 19ème arrondissement. Et c’est selon elle le fruit d’un travail de longue haleine avec les femmes et les jeunes de l’arrondissement.

La question de l’Education

« je suis issue d’une famille maghrébine et ça ne fonctionnait que par les coups »

Plusieurs interventions ont rappelé ce souci récurrent qu’est la différence de visions sur la notion de l’éducation entre les cultures des pays d’origine et du pays d’accueil . Dans les pays d’origine l’éducation est l’affaire de tous, de tout un village. Dans le pays d’accueil, elle s’arrête à l’école et à la maison .
Un mère de famille affirme, pour bien signifier cette différence de conception,
que «l’enfant né ici , on a le droit de le corriger mais on n’a pas le droit de le taper ». Le groupe a eu, certes, quelque mal à faire le distinguo entre corriger et taper.
« Il n’est pas normal qu’on ne puisse pas du tout, même s’il a fait des bêtises, donner une gifle à son enfant » reprend sa voisine.

« ma mère ne m’a jamais tapé »

Mme Bejaoui Ilhem , qui est née et a grandi dans une famille maghrébine va dans le même sens : « je suis issue d’une famille maghrébine et ça ne fonctionnait que par les coups ».
Mais, reconnaît-elle, le système de la parole et du dialogue avec l’ enfant fonctionne bien en matière d’éducation. Elle a attiré l’attention des autres mamans sur le fait que les enfants n’ont pas les mêmes personnalités, les mêmes caractères et qu’il faut par conséquent s’adapter. « Ma mère ne m’a jamais tapé » déclare- t-elle.

La question des fréquentations a été soulevée par les participants. Les parents reconnaissent l’importance pour chaque parent d’accroître la vigilance concernant les fréquentations des enfants et de limiter ses fréquentations.
A la question comment bien éduquer son enfant ?
Les participants ont répondu en revenant sur certains points qui leur semblent importants à savoir :
- Le rôle important de la parole et la nécessité d’instaurer le dialogue permanent, même en cas de difficultés, avec l’enfant.
- Limiter les fréquentations des enfants
- Donner une éducation religieuse aux enfants
- La cellule familiale (avec le père et le mère) doit être solide et solidaire.

Pourquoi l’absence des Pères est de plus en plus fréquente ?

Si la question de l’absence des papas est très récurrente dans les réunions de groupe de paroles sur la Parentalité, M. d’Almeida Sylvestre de la Fenacop(Fédération Nationale des Collèges des Parents) a proposé au groupe de tenter de recenser collectivement les causes de ce problème afin d’envisager une sensibilisation des familles.
Les causes principales de cette absence, tant décriée des pères sont , entre autres et selon les mères présentes:
- L’émergence des mouvements de revendications de l’égalité entre la femme et l’homme. Les hommes ont encore du mal à l‘accepter. La démission devient une résistance qui prend la forme d’une fuite en avant permanente de bon nombre de papas face à leurs responsabilités.
- La polygamie qui favoriserait aussi la démission des papas.
- Le fait que le papa aille travailler le matin et rentre souvent tard le soir est une autre cause de leur démission.

Au terme du groupe de paroles les deux associations présentes ont échangé sur leurs expériences et difficultés respectives.

La Fenacop a présenté les points saillants de son projet « Collège des Parents » aux membres de l’association Entraide et Espoir.

« Depuis le retour de son premier voyage en Afrique, mon fils finit toujours ses devoirs avant d’aller jouer ou regarder la télé ».

Concernant le point sur l’éloignement des jeunes via les chantiers de solidarité internationale,
les mamans de l’association ont approuvé et témoigné sur les vertus de ce type d’éloignement des jeunes en difficulté.
Des exemples ont été relatés pour dire du bien de cette initiative. Maïga envoie tous les deux ans ces enfants au pays. « je n’ai pas de problèmes avec mes enfants, ma fille a commencé à y aller depuis six mois ». Selon d’autres interventions beaucoup de parents partent seuls mais ils devraient faire un effort pour voyager avec leurs enfants. Même s’il faut, au passage, poser le problème des prix des billets qui sont hors de portée des bourses de la plupart des familles issues de l’immigration.
Maïga est revenu , dans son témoignage sur l’expérience qu’elle a vécue avec son fils qui a, à l’issue de son premier voyage en Afrique, rangé sa « Playstation » pour l’envoyer en aux jeunes africains qui sont devenus ses amis . Depuis lors, il fait toujours ses devoirs avant de regarder la télé et d’aller jouer.
Il faut selon une autre maman inciter les africains à voyager souvent avec leurs enfants au lieu qu’ils traînent et dilapident leur argent dans les Tabacs et les PMU…

Soutien scolaire et Alphabétisation
L’association Entraide et Espoir a évoqué l’importance du soutien scolaire pour les enfants. Le soutien scolaire ne doit pas être une garderie mais une réelle action pour aider les enfants.
L’importance des cours d’alphabétisation a été soulignée. Il est indispensable qu’au moins l’un des parents sache lire et écrire afin de vérifier si l’enfant a fait ses devoirs ou pas.
Mais la difficulté réside dans l’absence de salles disponibles. L’association a du mal à trouver des salles pour mettre en place des projets de soutien scolaire et d’alphabétisation.
« On ne peut pas aller frapper la porte des enfants tous les jours pour vérifier les devoirs » conclut Kadiatou Diabira.
La réunion a pris fin par un mot de la présidente de l’association Entraide et Espoir Mme Brice Monnou qui a, face aux défis sociétaux de plus en plus complexes, exhorté tout le monde a poursuivre le travail sur le terrain en mutualisant les expériences et les difficultés.

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