Résumé du projet
Projet visant à une transmission intergénérationnelle de la mémoire coloniale et post-coloniale : travail avec des associations de jeunes issus des quartiers autour d'ateliers et de cahiers de la mémoire avec des "ambassadeurs" (personnes ayant vécu la colonisation). Organisation d'un stage de formation de 4 jours et réalisation d'un sondage pour aboutir à un rapport sur l'état de la représentation coloniale et post-coloniale chez les jeunes.
Descriptif du projet
La Diascom note que le débat autour de la notion de “colonisation positive” et des “Indigènes de la République” a mis en évidence un retour des « conflits mémoriels ». L’occultation, le refoulement, l’oubli de la colonisation et l’omniprésence des débats intellectuels autour de la repentance a, pour l’association, une incidence certaine sur le rapport qu’entretiennent les générations et les populations issues de l’immigration avec leur histoire. La Diascom évoque des « discriminations mémorielles » ayant des conséquences sur l’accès à la citoyenneté d’un certain nombre de personnes issues des quartiers populaires. C’est cette hypothèse qui fonde le projet présenté ici et dont l’objet est de :
- montrer comment le travail sur la mémoire peut contribuer à dépasser « le faux débat sur la concurrence victimaire » et les effets du communautarisme.
- préciser le rôle de la lutte contre les discriminations mémorielles dans l’intégration des populations et montrer la nature des actions de développement et leur apport dans l’accès à la citoyenneté, économique et sociale.
- faire émerger un imaginaire partagé prenant en compte la complexité des questions posées par la colonisation.
- faire émerger de nouveaux interlocuteurs associatifs issus de l’immigration sur la base de la démarche d’éducation populaire, et développer le dialogue inter-associatif.
Déroulement du projet
A partir de mars 2008, un comité de pilotage sera constitué regroupant des personnalités qualifiées choisies en fonction de leur travail sur la mémoire coloniale et post-coloniale. Ce groupe coordonné par un chargé d’animation de la Diascom, se réunira afin de définir les contenus et les formes de travail au sein du projet, et aura pour mission d’auditer l’ensemble du processus.
Dans chaque département francilien, le projet s’appuiera sur des associations de jeunes issus des quartiers qui seront sélectionnées en fonction du travail qu’elles ont déjà accompli sur les thématiques du projet. Parmi les partenaires envisagés et hormis l’appui de la Diascom nationale, on peut citer l’association Bouge qui bouge en Seine-et-Marne. La Diascom Ile-de-France coordonnera le projet en liaison avec ses partenaires principaux : entre autres, Au nom de la Mémoire et le MRAP.
Le comité de pilotage en lien avec les associations de jeunesse mettra en place une action de tutorat ayant pour objectif la réappropriation de la mémoire par les jeunes des quartiers en difficultés. Il s’agira de « recruter » 15 tuteurs seniors bénévoles, « les ambassadeurs de la mémoire », chargés de suivre et d’accompagner la réflexion des associations de jeunes. Ces tuteurs seront des immigrés ou des français issus de l’immigration ayant vécu la colonisation dans leur jeunesse. Ils devront représenter des périodes et des territoires différents (Guerre d’Indochine et d’Algérie, indépendances de la Tunisie et du Maroc, décolonisation de l’Afrique Noire, cas des Comores et de Mayotte…).
Des « ateliers de mémoire » seront alors mis en place en avril 2008, permettant des échanges intergénérationnels et la transmission réciproque de savoirs autour de la rédaction de « cahiers de mémoire » ou « cahiers coloniaux » co-écrits suivant la méthode des ateliers d’écriture et des écrivains publics.
En avril 2008 toujours, un stage de formation de 3 jours sera organisé sous la forme d’une Université de Printemps où les associations de jeunes confronteront leurs perceptions de la réalité coloniale avec celles des « ambassadeurs de la mémoire » et des chercheurs. Ce stage débouchera sur l’écriture d’un rapport sur l’état de la représentation coloniale et post-coloniale dans la jeunesse. Ce rapport sera enrichi par l’organisation d’un sondage sur la mémoire coloniale avec restitution lors d’un colloque au Conseil régional d’Ile-de-France en mai 2008.
Partenaires financiers
Région Ile-de-France - Mission démocratie régionale
