Résumé du projet
Recherche-action à partir de la réalisation d’une étude-diagnostic de terrain en vue de la (re)construction et de la capitalisation de pratiques de terrain, pour aboutir à la production d’une démarche de vulgarisation et de transmission des savoir-faire autour de la participation citoyenne.
Descriptif du projet
Ce projet porté par le MDS en partenariat avec l’AMI (Appui Mutuel pour un usage social de l’Informatique), prolonge la réflexion entamée par 3 rencontres organisées au printemps 2005, autour de la question de la participation des habitants et du souhait de se rapprocher des populations non impliquées dans le jeu démocratique, avec la Région Ile-de-France et plusieurs associations dont les Régies de Quartier, Peuple et Culture, l’ADELS, Frères de Hommes. Dans la continuité de cette démarche, le projet proposé ici se veut une première étape pour enclencher un travail sur cette question.
Le projet « Colportage » se veut une réponse au manque d’outillages facilement accessibles et adaptés à tous, pour des citoyens cherchant à agir autour d’eux dans une optique de changement social et de participation. Il vise à mettre en lumière des expériences, des outils et méthodes coopératives, à les confronter, les adapter pour en permettre la diffusion et l’usage pour/par les citoyens d’aujourd’hui. Colportage s’inscrit donc dans une perspective de vulgarisation de ces pratiques et devra s’appuyer sur la création préalable d’une dynamique collective pour assurer la mise en œuvre du processus de partage, de confrontation et de formalisation des pratiques. Le terme de « colportage a été adopté, car il indique « la circulation de savoirs et le croisement entre entités locales et visiteurs, ce qui permet à la fois d’élargir le réseau, de peaufiner les idées, de les capitaliser au fur et à mesure du voyage ».
Déroulement du programme sur deux années (juin 2007 – mai 2009) :
Phase 1 : Repérage d’initiatives, début d’observation, mobilisation des acteurs (juin 2007 – janvier 2008)
Il s’agit d’identifier des pratiques mises en œuvre sur le terrain « pour éviter les décrochages démocratiques » (dans le dialogue civil, le dialogue social, au sein des collectifs d’habitants ou d’usagers, dans les conseils d’administration d’établissements scolaires, d’associations, les débats publics, les coopératives…). Le projet explorera en particulier les démarches qui visent à décloisonner les rapports entre citoyens et responsables locaux, et ceux qui contribuent à développer, à entretenir une capacité de changement social, et notamment :
- Des groupes-projets au sein de la société civile impliquant à la fois des bénévoles, des salariés et des habitants (mise en place d’événements et manifestations publiques, activités…),
- Des instances et espaces de consultation/concertation « élus locaux – habitants » (Conseils de quartiers, commissions extra-municipales, ateliers citoyens…),
- Des lieux de dialogue techniciens de services - usagers (dans les domaines de la santé, de la culture, du social…).
La prospection des sites d’observation dans des zones urbaines mais aussi dans des territoires ruraux, et la mobilisation des partenaires s’effectuera en direction de collectivités territoriales (municipalités, communautés d’agglomération, syndicats mixtes, administrations locales…), de groupements inter-associatifs et associatifs locaux, nationaux (Régies de quartier, IDELIF – regroupement d’associations autour du développement local, CESIF – collectif pour l’économie solidaire en Ile-de-France…), de diverses personnes ressources (par exemple un « intervenant » animant une démarche dans un cercle associatif et/ou citoyen).
Cinq journées de rencontre seront programmées de septembre 2007 à janvier 2008, sur 5 sites répartis dans 3 départements franciliens, afin de lancer une dynamique d’ensemble et de poser les bases d’un partenariat durable. Ces rencontres d’une journée en continue ou de deux demi-journées associeront chacune une trentaine d’acteurs : habitants, membres associatifs, élus locaux, techniciens. Elles se veulent interactives, alternant des temps d’apports, de témoignages et des temps de production de réflexion avec notamment des travaux en petits groupes et des séances de délibération collective grâce à l’outillage « Colorvote ». 25 entretiens individuels ou collectifs seront réalisés en parallèle afin d’impliquer des partenaires « praticiens ».
Cette première phase devra ainsi permettre de repérer 5 expériences à observer pour chacun des 5 sites géographiques (soit 25 expériences étudiées au total) et de mobiliser des partenaires et notamment de recenser des acteurs mobilisables dans un « comité de pilotage politique et stratégique » (chargé du cadrage et de la restitution du projet, il sera composé de responsables du MDS et de l’AMI ainsi que d’un élu local, une personne impliquée dans un regroupement associatif, une personne ressource, une personne impliquée dans l’animation régulière de groupes d’habitants).
Un « comité d’expertise » sera également constitué. Chargé de concevoir ou de valider les trames de construction des entretiens ainsi que leur analyse, mais aussi de proposer des suggestions d’amélioration des pratiques étudiées ainsi que des modalités de transmission des savoirs, il sera composé pour partie de membres du comité de pilotage politique et stratégique auxquels seront associées des personnes ressources (en matière de diagnostic et de pédagogie d’animation collective). Il est le garant de la qualité de la démarche qui doit aller au-delà d’un simple collectage de pratiques et de méthodes en s’inscrivant dans une « dialectique citoyenneté-pédagogie » avec en perspective des enjeux de transformation sociale.
Phase 2 : étude-diagnostic, reconstruction des pratiques, capitalisation (février – mai 2008)
En se basant sur des situations réelles repérées dans la phase précédente, il s’agira d’observer in situ et en profondeur diverses démarches mises en œuvre. A partir de ce matériau, la réflexion du comité d’expertise s’appuiera sur un ensemble de critères pré-définis collectivement et sur la comparaison entre des pratiques semblables. Ce comité procédera dans un premier temps au diagnostic, à l’analyse des différentes démarches autrement dit à leur « abstraction » puis dans un deuxième temps à leur « reconstruction » en incorporant des suggestions d’amélioration. Une dizaine d’outils-démarches sera ainsi modélisée. Enfin, une première capitalisation des contenus sera réalisée via l’élaboration de fiches-synthèses de présentation.
Sur les 25 expériences repérées en phase 1, le comité d’expertise conseillera le comité de pilotage politique et stratégique pour la sélection de 10 démarches à étudier plus avant (à raison de 2 jours d’observation menés en binôme par le MDS et l’AMI. L’idée est d’analyser le contexte et les problèmes concrets auxquels se réfère telle ou telle pratique utilisée, et les conditions dans lesquelles elle est mise en œuvre pour que des collectifs ou des citoyens puissent se l’approprier.
Phase 3 : Expérimentation et analyse des conditions de transmission des pratiques (juin – décembre 2008)
Les préconisations d’amélioration élaborées en phase 2 feront l’objet de mises en situation auprès d’autres acteurs que ceux des terrains d’expérimentation initiaux, afin d’apprécier la validité des propositions. Pour ce faire, des rencontres prospectives de type « atelier de l’avenir » permettront de travailler sur les formes de communication les plus appropriées pour sensibiliser, motiver et susciter l’appropriation des démarches par un cercle d’acteurs plus large.
3 scénarios de formation ou d’accompagnement pour l’appropriation, seront proposés :
- pour des groupes « expérimentés » : la ré-appropriation des suggestions sera en ce cas évaluée grâce à une observation, et éventuellement débattue entre différents praticiens à l’occasion d’ateliers d’échanges.
- pour des groupes « néophytes » : une formule accompagnement-formation sera retenue afin que la transmission de savoirs-faire aille au-delà d’une forme écrite.
- une 3ème démarche avec la formation de « Colporteurs » devra permettre de promouvoir les pratiques auprès de “donneurs d’ordre”. Une formation-test sera proposée à des animateurs de collectifs ou des responsables locaux afin de travailler sur un argumentaire et la simplification des présentations en vue de les proposer à des animateurs locaux, des élus, des techniciens, etc.
Dans cette phase de formation / accompagnement, 4 lieux d’expérience seront retenus et 2 formations « colporteurs » envisagées selon des critères proposés par le comité d’expertise et validés par le comité de pilotage. Des binômes d’accompagnateurs du MDS et de l’AMI interviendront 1 journée sur chaque site d’expérience et produiront des observations et des conclusions qui permettront ensuite de rédiger des préconisations en vue de la modélisation finale des différentes démarches. Il s’agit bien de concevoir les formes pédagogiques de transmission et les manières de faciliter les usages de ces outils d’animation de la démocratie afin de développer à terme une dynamique d’échanges, de confrontation de pratiques coopératives fondée sur le dialogue entre divers acteurs.
Phase 4 : Formalisation des outils et conception d’un plan de développement stratégique pour la transmission et la diffusion (future) des savoir-faire et pratiques (janvier – mai 2009)
Conception et réalisation de supports écrits à partir des fiches-synthèses des outils et pratiques expérimentés, et du contenu des formations-accompagnements. 1000 fascicules seront édités.
ouverture dès 2008 sur le site Internet actuel du MDS d’une page interactive « Colportage » qui préfigurera la mise en ligne d’une « solidarothèque des outils pratiques pour des démarches citoyennes », véritable site internet interactif.
l’élaboration d’un plan stratégique de diffusion « grand public » qui portera d’une part sur l’élaboration et la fabrication de supports mieux adaptés et d’autre part sur les stratégies de partenariats (politique, institutionnel et financier).
Cette dernière phase permettra également de mener une évaluation du projet. A terme, l’association souhaite que sa démarche puisse être labellisée.
Le projet du MDS, par sa dimension participative et sa volonté de promouvoir la sensibilisation et la formation à la citoyenneté ainsi qu’aux démarches participatives locales, s’inscrit donc bien dans le cadre de la délibération n°CR 56-05 adoptée le 8 novembre 2005.
Partenaires financiers
Région Ile de France - Mission démocratie régionale


