Résumé du projet
Espace bimensuel de débats thématisés au sein de la Maison pour un Développement Solidaire, pour échanger ensemble sur un sujet donné pendant deux heures le jeudi soir.
Descriptif du projet
Présentation de l’action
Il s’agit d’un espace existant depuis 2004 au sein de la MDS dans lequel des personnes peuvent échanger, argumenter et s’enrichir mutuellement autour d’un thème donné. Il fut mis en place pour permettre aux jeunes du quartier de rencontrer d’échanger et d’apprendre en compagnie de personnes d’horizons, de cultures et de milieux sociaux divers, avec pour principal objectif d’avoir le maximum de points de vue sur un sujet donné…
Il a lieu dans les locaux de la MDS un jeudi sur deux à partir de 18h30 et durant deux heures environ. Les locaux sont réaménagés chaque semaine de manière à créer un espace de convivialité, la MDS offre de quoi grignoter. Les règles, co-construites avec les participants permettent le respect de la parole de l’autre, évitent les attaques personnelles et nous permettent de s’exprimer sans contraintes. Elles sont les suivantes :
- Respect de l’autre.
- Couper les portables.
- Être ponctuel.
- Éviter de couper la parole.
- Respecter l’arbitre choisi par le groupe.
- Pas d’attaques personnelles.
- On est responsable et solidaire le la personne qu’on invite.
- Et bien sur, ne pas fumer dans les locaux.
Après une courte introduction présentant les éventuels intervenants ou reformulant les règles et le mode de fonctionnement du Club Tchatche le débat est lancé. En fonction de l’affluence ou du respect des règles l’animateur intervient pour distribuer la parole, redire les règles et apaiser le débat.
Le Club Tchatche se termine par un tour de salle en guise de conclusion ou chacun est invité à prendre la parole pour dire son dernier mot sur le contenu ou sur la forme du débat, ou encore son avis sur le Club Tchatche en général, ce qui est un véritable exercice de prise de parole en public, un apprentissage de la confiance en soi qui peut servir dans tous les domaines de la vie.
L’idée est d’éviter d’enfermer le débat dans une opposition stérile mais bien d’exposer un maximum de points de vue sur un sujet donné, de démontrer que ces points de vue différents peuvent cohabiter, voire trouver des compromis. Il est un véritable espace pour mieux connaître les « autres » habitants du quartier, un des trop rares espaces de mixité sociale et culturelle.
Quels sont les buts de l’action
*Aborder des thèmes prédéfinis ensemble, d’une manière accessible, adaptée aux aux participants pour faire évoluer leurs représentations et/ou connaissances
*Pouvoir apprécier les points de vue, pour mieux analyser des positions personnelles et/ou culturelles, et à terme de les traduire en actes individuels ou collectifs.
Objectifs généraux
Développer en profondeur chaque thème sans volonté de convaincre, en saisir les tenants et les aboutissants par la confrontation des différents avis et points de vue.
Fréquence :
1 fois tous les quinze jours de 18h à 21h environ, selon l’intérêt porté au sujet.
Public ciblé :
Tous les habitants du DSU Fontaine-au-Roi et au delà afin d’avoir une assistance la plus diverse possible.
Résultats attendus :
Provoquer progressivement des changements de représentations individuelles et collectives sur les thèmes abordés et instaurer un dialogue entre personnes, notamment les jeunes, issus de milieux sociaux, culturels et de générations différents.
Derniers thèmes abordés (2007)
A la fin de l’année dernière (2006) nous avions choisi d’axer le Club Tchatche sur les échéances électorales à venir en prolongeant le cycle politique française entamé en 2005 et ainsi continuer à se former à être de bons citoyens, pleinement conscients des enjeux de ces élections.
Nous avons aussi débattu plusieurs fois à partir de supports, documentaires par exemple, qui permettaient en plus du thème choisi de donner un angle spécifique à des débats d’actualité.
Cet ancrage dans l’actualité est aussi une des spécificités du Club Tchatche cette année. De plus, certains thèmes, mis sur un forum internet une semaine avant, ont pu nous permettre d’alimenter nos débats avec d’autres avis et donc d’enrichir nos échanges.
Enfin, nous avons organisé, en partenariat avec le Cité Club (Fédération Nationale Léo Lagrange) et le GERFAC (Groupement d’Échanges, de Recherche, de Formation et d’Action pour le Co développement) un peuplier à palabres, une initiative issue du forum de la jeunesse franco-africaine qui a pour objectif de donner la parole à des jeunes, notamment à ceux issus de l’immigration africaine.
Le thème choisi fut : « Jeunes et politiques, de France et du Sénégal, comment mieux s’appuyer les uns sur les autres pour réussir nos projets de solidarité internationale ». Nous avons, pendant deux heures, échangé sur le thème de la solidarité internationale, entre acteurs de celle ci (jeunes et politiques notamment) à différents titres (bénéficiaires, porteurs de projets, financeurs) et essayé de dégager des principes d’action pour une meilleure synergie entre les élus et les jeunes participants à de telles actions, en se basant sur les expériences de chacun.
Ce débat a eu lieu en présence du Maire de la commune de N’Dioum (Sénégal) et de ses adjoints, ainsi que de nombreux élus parisiens et franciliens œuvrant dans le champ de la jeunesse et de la solidarité internationale. De nombreux jeunes ayant déjà participé à des actions de solidarité internationale étaient présents. Les débats ont été très riches, mélangeant récits d’expériences et analyses pertinentes et quelques principes d’action ont émergé :
- Importance de la préparation du groupe de jeunes à l’appréhension d’une nouvelle culture, de la connaissance des besoins des populations ciblées par le projet et de leur implication dans celui ci
- S’assurer que le solde du projet soit au bénéfice des populations accueillant les projets de solidarité internationale, ce qui n’est pas toujours le cas.
En effet, plusieurs participants ont relaté des expériences souvent très profitables aux jeunes français en terme d’épanouissement personnel mais parfois inéquitables au détriment des populations en regard des moyens mobilisés par ceux ci et du résultat final.
- Une plus grande implication de tous les élus (au nord et au sud) dans ces actions pour assurer une pérennité aux projets
Cette rencontre a réuni une soixantaine de participants, une fresque a été réalisée en direct par l’association Les Commun’ Arts reprenant les mots clés de l’échange, elle a ensuite été exposée dans l’hémicycle du Conseil Régional lors de la restitution des « Peupliers à palabres » le 19 décembre 2006.
Cette rencontre nous a enfin permis d’expérimenter le dialogue avec des élus d’autres pays, et d’alimenter nos échanges dans le cadre du temps fort Politique Française.
Le 18 janvier:Comment faire entendre ses idées et agir de manière originale
Cette question a émergé en observant Les Enfants de Don Quichotte dans leur action pour le logement des SDF. Nous avons donc échangé sur les moyens originaux de militer, de faire passer ses idées, de conscientiser l’opinion… Le constat a été posé que ces moyens sont peu nombreux et qu’ils restent à inventer, en effet la plupart des participants se sentaient incapables d’avoir une telle idée pour faire avancer sa cause. Les autres thèmes traversés ont été la désobéissance civile et les exemples de mobilisations originales à travers l’histoire contemporaine.
Le 1er février:Le parcours citoyen
Une association partenaire, RECIT (Réseau des Écoles de CIToyens), nous a sollicités afin de nous présenter leur projet : le parcours citoyen. Il s’agit d’un programme pilote visant à faire effectuer à des jeunes un parcours qui vise à leur faire connaître l’action citoyenne par la rencontre de structures et de personnes œuvrant dans les champs de l’éducation émancipatrice, de la lutte contre les discriminations ou encore du respect des droits. Ce programme doit leur apprendre à agir de façon solidaire, d’acquérir une culture de l’action collective. Enfin, ce programme peut préfigurer de ce que pourrait être un service civil obligatoire.
Cette rencontre a eu lieu en plein débat national sur ce service civil, que certains candidats proposaient de mettre en œuvre. Les participants ont joué le jeu et fait remonter à l’association de nombreuses remarques, parfois sévères, sur la mise en œuvre de l’ action et sur l’esprit de celle ci.
L’association partenaire a été agréablement surprise par l’apport des participants, ce qui lui a permis de réajuster certains points de son projet. Il serait intéressant de proposer à nos partenaires que le Club Tchatche puisse être, ponctuellement, un espace critique d’échange sur des projets en direction des jeunes ou des habitants des quartiers défavorisés.
Le 22 février:Dans la peau d’un Noir
Ce débat a eu pour support un documentaire diffusé sur Canal + quelques mois auparavant dans lequel des personnes changeaient de couleur par des artifices de maquillage pour pouvoir se mettre dans la peau de l’autre couleur et vivre de nombreuses situations qui sont sujettes à discrimination : entrée en boite, entretien d’embauche, recherche d’appartement, simple déambulation…
Après la diffusion du documentaire le débat qui a suivi fut très riche, très émouvant, les uns se rendant compte objectivement de situations de discrimination qu’ils ne soupçonnaient pas, les autres se rendant compte qu’il avaient subi des discriminations sans s’en rendre compte, en mettant les divers refus (travail, appartement…) sur le compte d’autres raisons.
Le 15 mars:Coupez le son !
Dans le cadre du cycle politique et avant de recevoir les représentants de candidats à l’élection présidentielle, nous avons souhaité aborder le sujet de la communication politique. En s’appuyant sur Coupez le son, un documentaire diffusé sur France 2, nous avons appris et échangé sur l’importance de la communication non verbale et les différents stratagèmes utilisés par nos hommes politiques pour convaincre, séduire et charmer l’opinion.
Le 29 mars:Présidentielle, représentante de José Bové
Nous avons reçu, dans le cadre de la campagne présidentielle, Claire Villiers, une des porte parole de la candidature de José Bové. L’échange fut riche, et très interactif. L’échange a porté sur les propositions du candidat, la tentative de candidature unique, la question du vote utile et la défaite annoncée.
Le 5 avril:Présidentielle, représentant de Marie Georges Buffet
Nous avons reçu, toujours dans le cadre de la campagne présidentielle, le secrétaire de section locale du parti communiste français, Lionel Chabert, qui est venu représenter Marie Georges Buffet. L’échange a porté sur le manque de débat contradictoire dans cette campagne, sur le danger que représente le candidat de l’UMP avec sa vision américaine de la société, de la régression pour la démocratie que représente le vote utile ou le vote Bayrou, de l’importance de voter Ségolène Royal au second tour, l’échec de la candidature antilibérale et enfin, les difficultés de la gauche depuis 2002.
Le 12 avril:Présidentielle, représentants de Ségolène Royal
Nous avons reçu, comme dernier invité,(les partis de droite ayant, comme d’habitude décliné par leur silence, notre invitation)les représentants du parti socialiste. Un militant PS, une militante MJS (indépendant) et une élue de l’arrondissement ont timidement échangé avec nous sur le contenu du programme de leur candidate+
du pouvoir d’achat avec le SMIC à 1500 euros, le service public de la caution… et le statut de l’élu. Le contenu de ce programme a été très critiqué mais la perception de cette candidature fut finalement positive.
Le 3 mai:Le débat présidentiel d’entre deux tours
Il nous intéressait, après tous ces débats, toutes ces rencontres et nouvelles connaissance, de décrypter ensemble le débat entre les candidats du second tour au lendemain de celui ci. Il s’agissait, au cours d’un tour de table, que chacun donne sa perception de ce débat et qu’on analyse ensuite ensemble les éléments perçus par chacun
Le 31 mai:Des élections législatives, si proche des présidentielles, ont-elles une utilité ?
Est-il pertinent de se déplacer pour aller voter encore une fois?? Ne vaut-il pas mieux donner les moyens d’exercer à un adversaire politique ou plutôt handicaper son action par un vote massif contre. Habituellement, le candidat élu se voit d’emblée attribuer une majorité à l’assemblée, à quoi sert donc cette élection ?? La plupart des participants ont essayé d’amener les déçus de la présidentielle à ne pas se démobiliser et à limité l’action du président en envoyant un maximum d’opposition à l’assemblée et qui sait peut-être même lui imposer une cohabitation !
Du 10 au 15 juin 2007:Le Programme d’été 2007
Six participants au Club Tchatche et les quatre salariés de la MDS ont participé au Programme d’été de l’Institut de développement communautaire dans l’université Concordia à Montréal au Québec. Le programme d’été était composé de plus de 90 sessions de formation thématisées sous le thème Appartenances et Collectivités.
Les participants ont pu choisir leur programme et ainsi aborder des thèmes qu’ils jugeaient intéressants. La dynamique de groupe lors de ce voyage était excellente et a permis à plusieurs des participants de faire émerger des projets collectifs qu’ils se sont attachés à faire avancer dès leur retour.
Le séjour de quinze jours à Montréal a été cofinancé par l‘OFQJ (Office Franco Québécois pour la Jeunesse) et par des actions d’autofinancement menées avant et après le séjour par le groupe. L’initiative sera reconduite l’an prochain. Une restitution a été réalisée le 5 juillet 2007 (projection d’un film sur le séjour, expo photos, échanges, débats…).
Le 13 septembre:Choix des thèmes pour 2007/2008
Nous avons donc choisi ensemble les thèmes que nous voulions aborder cette année, il s’agit des thèmes que nous n’avions pas eu le temps d’épuiser l’an dernier, des thèmes qui ont émergé au cours des différents Club Tchatche et des propositions des participants. La liste est en annexe.
Le 27 septembre:Être sans papiers au quotidien en France
C’est le sujet qui nous touchent le plus en ce début d’année, en effet la chasse aux sans papiers s’étant intensifiée et la MDS étant située dans un quartier où elle fut particulièrement zélée, nous avons choisi ce thème comme premier débat. Nous avons pu mettre en lumière le calvaire des personnes sans papiers, que nous côtoyons tous les jours à la MDS ou dans le quartier, la peur avec laquelle ils vivent, les drames du quotidien auxquels ils sont exposé, tous les problèmes annexes que ça implique : logement, santé, famille… Comment parvenons nous à tolérer ce que nous nous accordons à considérer comme intolérable. Comment agir au quotidien lorsqu’’on est confronté en tant que citoyen à cette chasse. Quel est le rôle de l’immigration dans notre pays, dans notre économie ? Une grève de tous les sans papiers est malheureusement impossible, on verrait alors leur capacité de nuisance et le citoyen comprendrait, réaliserait qu’ils sont une composante indispensable dans leur vie quotidienne, dans des secteurs stratégiques comme la restauration, le bâtiment ou encore le nettoyage ou la manutention. L’assemblée a longuement évoqué des moyens de
Le 11 octobre:L’Histoire d’Haïti 1/3, De la « découverte » de l’Amérique à l’Indépendance
Lors de Club Tchatche précédents, l’exemple d’Haïti est souvent venus illustrer nos propos dans des débats traitant de colonisation, de révolte ou encore d’esclavage. Un des participants, Daniel Talleyrand, participant de la première heure, haïtien d’origine nous as proposé de nous présenter l’histoire de ce petit pays, première république noire qui vient de fêter deux cents ans d’indépendance en 2004. compte rendu disponible
Le 25 octobre:L’Histoire d’Haïti 2/3, De l’indépendance au début du 20ème siècle
compte rendu complet sur demande par mail
Le 8 novembre:Peuplier à palabres, La colonisation, regards croisés sur nos histoires
Pour mieux se rendre compte de ce qu’est un Club Tchatche, voici un compte rendu complet :
La première question posée fut une demande que l’un des participants en ayant la compétence dresse une description du phénomène de colonisation. Isaac, qui travaille notamment sur les questions d’immigration nous a donc présenté la question ainsi :
Les premières colonisations ont eu lieu en Scandinavie. Les nations s’accaparaient alors des iles (désertes ?) pour agrandir leurs territoires et acquérir de nouvelles surfaces de production agricole. Puis vinrent les colonisations de l’Amérique du Nord, de territoires en Asie (par les hollandais), de l’Amérique centrale et de l’Amérique du sud pour des raisons économiques (recherche de matières premières, de métaux précieux, épices etc.…) et sociales (fuite d’Europe pour des raisons politico religieuses)
Pour ce qui est de la colonisation française ont peut considérer deux phases, une première que l’on peut appeler phase pionnière qui consistait principalement en la découverte de nouveaux territoires pour faire du commerce avec les populations locales et une seconde phase que l’on peut appeler phase d’exploitation qui consiste, sous différentes formes plus ou moins violentes à s’installer pour exploiter directement les richesses et les hommes d’un territoire au profit de la métropole.
Les territoires concernés par la colonisation sont nombreux, les durées et les époques varient :
Amérique du Nord (Canada et Louisiane jusqu’en 1763, St Pierre et Miquelon jusqu’aujourd’hui)
Caraïbes (Haïti jusqu’en 1804,Tobago jusqu’en 1763 et la Martinique la Guadeloupe… jusqu’aujourd’hui)
Amérique du Sud (Brésil, quelques villes et brièvement ; La Guyane jusqu’aujourd’hui)
Afrique du Nord (Maroc et Tunisie sous protectorat jusqu’en 1956 et L’Algérie département jusqu’en 1962)
Afrique Subsaharienne (en quasi totalité jusqu’en 1960 environ, Mali, Sénégal, Mauritanie, Cote d’Ivoire…)
Les iles de l’Océan Indien (Madagascar jusque 1960, les Comores jusque 1975… la Réunion, Mayotte… toujours françaises)
Le Moyen Orient (le Liban jusque 1943, la Syrie jusque 1946, une partie de la Turquie jusque 1938…)
L’Asie du Sud (l’Inde, notamment de grands ports jusque 1954)
L’Asie de l’Est (Vietnam, Cambodge, Laos … jusqu’en 1954 plus quelques locations ou concessions de territoires en Chine)
L’Océanie (La Polynésie, la Nouvelle Calédonie… tous les territoires colonisés dans cette région sont toujours français)
En Antarctique (La Terre d’Adélie, toujours propriété française)
Ce que nous entendons communément colonisation concerne plutôt la seconde phase caractérisée par une conquête, puis par l’installation, la gestion effective du pouvoir, de hommes et des ressources du territoire à des fins économiques, politiques, idéologiques et religieuses.
La particularité de la colonisation française est sa dimension « psychologique », une volonté de « civiliser » les indigènes qui était une des (principales ?) sources de motivation pour les colons, en revanche la colonisation britannique a toujours eu un aspect économique prépondérant.
Des participantes d’origine sud-américaine ont ensuite apporté un éclairage intéressant en donnant des élément de la colonisation espagnole de leurs pays. Elles la considèrent comme responsable de grandes pertes, celle la culture inca millénaire par exemple….En équateur, les « indiens » descendants des peuples autochtones accèdent tout juste à l’école et aux professions intellectuelles, preuve que les traces de la colonisation perdurent. Au Chili la colonisation s’est faite plus tardivement, du à la géographie du pays (isolé par les montagnes et donnant sur la cote sauvage du Pacifique). La colonisation a eu lieu par le biais de la religion et par le commerce des armes principalement.
Une participante nous fait remarquer une conséquence peu connue de la colonisation au Mali : En effet lors de leur présence les français étaient servis par ceux (fonctionnement sous forme de castes) qui faisaient le service pour les nobles des pays colonisés, leurs « domestiques » en quelques sorte. Pour améliorer la qualité de leurs services et parfois par simple bonté, les colons leur permirent d’aller à l’école. Au sortir de la colonisation la caste des « domestiques » se retrouva la plus nombreuse à être instruite, et occupa logiquement des postes ce qui donna une inversion du systèmes de castes.
Nous nous sommes posés la question à savoir si c’était une bonne chose, et nous avons conclu que non, même si le système de caste est très injuste, le fait que cet inversion aie eu lieu par l’action d’une « force » extérieure en fait une mauvaise chose, seul un changement culturel occasionné par les peuples issus de cette culture aurait été une bonne chose. Voir ce changement comme positif est une attitude ethnocentriste, très souvent à l’œuvre quand on évoque l’Afrique
Une autre participante a dit qu’il y avait, malgré tout des choses positives dans tout ça, objectivement (routes, santé, mécanisation…)dont les africains ont profité et profitent (l’avocat du diable ??). De nombreuses interventions l’ont contredite, l’argument revenant fréquemment étant que toute bonne chose restant après la colonisation étant une chose à l’origine faite pour asservir et exploiter, cette chose ne pouvait être quelque chose de positif. Parce que dans le cas contraire on pourrait évoquer les effets positifs de la guerre (avancées en médecine) ce qui semble tout de suite aberrant.
Nous avons ensuite abordé les conséquences d’aujourd’hui, pour la France une population issue des anciennes colonies avec de grands problèmes d’intégration, et pour les pays colonisés la pauvreté et le sous développement. Nous nous sommes demandés : Que serait devenue la France sans l’Afrique ? Que serait devenue l’Afrique sans la France ? La France aurait-elle été libérée du joug allemand sans les soldats venus de tout « l’empire » pour la secourir ? serait-elle plus grande, plus sure sans les populations issues de son ancien empire colonial ? L’Afrique serait-elle aussi empêtrée dans le marasme de la pauvreté, du pillage de ses ressources avec la complicité active de dirigeants corrompus ou de la fuite (trop souvent mortelle) vers l’occident de ses forces vives ? Ces questions n’auront jamais de réponse … La fin des débats a été consacrée aux conséquences actuelles de cette histoire, notamment la gestion de l’immigration aujourd’hui et le traitement infligé au quotidien aux sans papiers
Nous sommes enfin passés aux conclusions, tour de table ou chacun pouvait dire un dernier mot :
Nombreux ont insisté sur le brassage, le mélange et le métissage des personnes des cultures et des savoirs pour avancer sur ces questions que beaucoup ignorent alors qu’aujourd’hui le thème de l’immigration venue des anciennes colonies est surexploité, politiquement notamment. Connaître cette période historique éclaire sur la difficulté d’intégration des populations issues de ces immigrations.
Cette histoire devrait empêcher qu’aujourd’hui se produisent des actes tels que ceux dirigés contre les sans papiers, nous devons réagir à l’intolérable et convaincre, convaincre, convaincre… amener chacun à prendre position. Il faut plus d’opposition, essaimer les initiatives d’échange et de brassage telles que ce soir.
Un participant a souligné que selon lui la colonisation continuait, qu’il s’agissait et qu’il s’agit toujours aujourd’hui d’impérialisme sous formes diverses : esclavage, colonisation puis gestion par le biais du FMI et de la Banque Mondiale et l’OMC… L’immigration est toujours une grande richesse pour l’avenir d’un pays. D’autres préconisent de choisir la communauté, c’est la seule voie dans ce monde capitaliste. D’autres encore préconisent la discrimination positive pour sortir des difficultés d’intégration, sans forcer les décisionnaires les bons emplois ne s’offriront pas aux immigrés et à leurs descendants.
Une participante a proposé que le débat d’aujourd’hui débouche sur une pétition partant d’élément de cette histoire coloniale française évoquée ce soir et aboutissant aux lois Hortefeux, elle propose que les personnes intéressées se rencontrent pour rédiger.
Des participants font remarquer qu’il y a eu de la place pour tout le monde dans ce débat, qu’il est étonnamment devenu intéressant à partir de l’intervention sur la colonisation espagnole, bref, un débat très intéressant ouvrant sur un envie de savoir plus pour agir mieux…
Le 22 novembre:Israël Palestine, rencontre avec ceux qui œuvrent pour la paix, comment les aider ?
En partenariat avec le Centre Social Le Picoulet, dans le cadre de ses rencontres œcuméniques, nous avons mis en place un débat sur le type actions que nous pouvions mener d’ici pour contribuer à la culture de paix entre israéliens et palestiniens là bas. Ce débat fut co-organisé avec des structures expertes sur le sujet, telles que le Mouvement pour la Paix, La Paix Maintenant, ou encore la Ligue locale des Droits de l’Homme et l’association Génération Palestine. Les échanges furent houleux entre les associations représentées, les uns accusant les autres de ne pas être pacifiques. Les structures nous ont aussi donné des exemples d’initiatives parvenant tout de même à rapprocher les deux parties, même si ces initiatives sont exceptionnelles et ne modifient pas ou si peu le contexte général. L’attitude passionnelle et passionnée de certains intervenants a limité l’intervention de la salle mais le dialogue a tout de même eu lieu.
Le 6 décembre:Recrutement, comment mettre toutes les chances de son coté
Avec une ancienne professeure de ressources humaines nous avons passé en revue les points qui peuvent constituer un obstacle en vue de l’obtention d’un emploi, notamment les phases de CV, lettre de motivation et entretien. Elle nous as permis de savoir ce qu’attendaient les recruteurs et quelle attitude adopter en face d’eux, et inversement, les attitudes et comportements à bannir. Elle a proposé à ceux qui le souhaitaient de les suivre afin de les conseiller plus personnellement quand ils en auront besoin.
Partenaires financiers
Ville de Paris
Région Ile de France - Mission démocratie régionale
