Résumé du projet
Suite aux "émeutes urbaines" de novembre 2005, différentes actions sont prévues dans des centres sociaux de Seine Saint-Denis pour donner la parole aux habitants et leur permettre de (re)prendre toute leur place au sein de l'espace public. La fédération départementale souhaite encourager et apporter son soutien à ces différentes actions d'expression et de participation citoyennes. Elle entend également réaliser un film à partir des expériences qui seront menées dans chaque centre social, en collaboration avec les habitants et dans une démarche de mutualisation et de diffusion à l’échelle régionale.
Descriptif du projet
Lors des violences de l’automne dernier qui se sont déroulées notamment en Seine Saint-Denis, une réunion de mobilisation des centres sociaux s’est tenue pour faire le point sur les initiatives prises localement pour faire face à la situation. Nombre de centres ont spontanément ouvert des espaces de discussion avec les habitants, parfois directement dans la rue sous forme “d’agora” comme dans le quartier des Tilleuls au Blanc-Mesnil où le centre social, touché par les dégradations, a dû fermer pendant 2 mois.
Le projet vise ainsi à poursuivre ce travail de recueil de la parole en organisant une action commune à plusieurs centres sociaux pour faire entendre et diffuser le point de vue des habitants de tous âges et toutes origines. Avec ce projet, la fédération n’entend pas être un porte-parole de plus, mais plutôt un « haut-parleur » de ce que disent les habitants dans les quartiers.
La fédération souhaite ainsi soutenir des initiatives locales des centres sociaux et produire avec le concours des habitants, un film DVD-Rom associant l’écrit et la vidéo, pour retracer les différentes expériences qui auront été menées. Une attention particulière sera ainsi apportée à respecter la parole des participants qui seront pleinement associés au choix des éléments utilisés dans le film et à la forme que prendra celui-ci.
A partir de ce travail qui peut servir de base à un diagnostic et qui sera le plus largement valorisé et diffusé, la fédération souhaite pouvoir faire des propositions concrètes à ses partenaires : collectivités territoriales, associations, pouvoirs publics. Il s’agit donc de renforcer l’engagement citoyen dans une démarche participative afin de contribuer à l’élaboration des politiques publiques à l’échelon local voire départemental et régional.
A l’échelon local
Des débats et actions diverses seront organisés particulièrement dans 5 centres sociaux :
-Le centre social Jacques Prévert à Gagny :
Un groupe de jeunes a exprimé le souhait de débattre avec des habitants, élus et institutions. Des rencontres sont prévues entre jeunes, commerçants, gendarmes et pompiers.
-Le centre social Ambroise Croizat à Pierrefitte :
Une réflexion partenariale doit s’engager avec des jeunes qui lors des émeutes ont déclaré au centre social qu’ils ne voulaient pas entrer dans le cycle des violences. Une rencontre notamment est prévue avec des amicales de locataires et des acteurs sociaux professionnels sur le terrain.
-Le centre social Le Gros saule à Aulnay-sous-Bois :
Des débats ont déjà eu lieu avec des groupes de mères qui se sont exprimées mais estiment que ce qu’elles disent « ça ne sert à rien ! ». Un travail autour de cette problématique de répercussion et de suivi de la parole recueillie va être mis en place. Des temps de discussion mères / enfants sont également prévus autour des “diktats” identifiés quotidiennement que ce soit ceux de la rue, de l’école, de la famille…
-Le centre social intercommunal de La Dhuys à Clichy-sous-Bois / Montfermeil :
Un travail doit être mené avec un groupe de jeunes impliqués dans les initiatives pour appeler à l’inscription sur les listes électorales. Des jeunes iront ainsi à la rencontre des habitants afin de poursuivre la réflexion qu’ils ont déjà menée.
-Le centre social des Tilleuls au Blanc-Mesnil :
En novembre dernier, une agora permanente dans la rue s’est constituée, rassemblant élus, habitants et professionnels du quartier. Des débats quotidiens, des marches dans le quartier, des assemblées populaires et conférences de presse ont permis l’émergence d’un collectif d’habitants. Un débat avec un sociologue a déjà été filmé sur le thème « qu’est-ce qui fait qu’on en est là ? ». Parallèlement et en réaction au “traitement” médiatique des événements, le collectif a réalisé un document vidéo pour filmer le quartier, prendre directement la parole et ne plus laisser les autres parler en leur nom.
L’association de la Maison des Tilleuls souhaite poursuivre cette démarche dans le cadre d’un projet annuel visant à ouvrir d’autres espaces d’expression en particulier avec la création d’un journal en ayant le souci d’accompagner les participants et de les former aux Nouvelles Technologies de l’information et de la Communication.
Différents ateliers, tous animés par des professionnels, et dont les modalités d’organisation seront définis avec les participants, seront ainsi mis en place dès juin 2006 :
-Atelier d’écriture journalistique encadré par Marine Da Silva, journaliste au Monde diplomatique et secrétaire de rédaction du futur journal.
-Atelier de création de maquette du journal.
-Atelier multimédia et mise en ligne sur Internet du journal.
-Atelier photo hebdomadaire.
A noter : la fédération de Seine Saint-Denis a décidé d’apporter un soutien particulier à ce projet spécifique de la Maison des Tilleuls, en finançant la réalisation des 2 premiers numéros du journal, au titre de l’expérimentation et dans le but éventuellement de mutualiser cette pratique au sein de la fédération.
A l’échelon départemental
-La fédération participera, à la demande des centres sociaux, à l’animation d’actions et de débats locaux. Celles-ci seront retranscrites par le biais de supports multiples (enregistrement vidéo et/ou sonore, documents écrits…).
-La fédération mobilisera directement les ressources compétentes pour la réalisation du film et constituera, à cet effet, un groupe de travail départemental composé des personnes participant aux expériences locales et de toute autre personne qui le souhaite. Un travail collectif sera alors mené pour le choix des éléments à conserver pour la production du film (visionnage des rushs, choix des illustrations sonores…) mais également pour la forme finale à lui donner.
A l’échelon régional
Tant les productions locales que le film réalisé au niveau de la fédération départementale seront utilisés par d’autres centres sociaux du département et à l’échelle régionale, comme support à de nouveaux débats, échanges et espaces d’expression locaux entre habitants ainsi qu’avec élus et institutions partenaires, dans un souci de démultiplication de cette démarche participative à tous les échelons.
Partenaires financiers
Région Ile de France - Mission démocratie régionale
Posté par Equipe Animateurs - Sopinspace , Fédération des centres sociaux de Seine Saint-Denis


