Mémoire du quartier Danube-Solidarité Paris 19ème

Résumé du projet

Constitution d’un fond d’archives audiovisuelles sur la mémoire du quartier Danube-Solidarité dans le 19ème arrondissement à Paris, dans une dynamique interassociative et participative avec les habitants.

Descriptif du projet

Le projet vise à développer un travail collectif de mémoire autour du quartier Danube-Solidarité à Paris 19ème, un quartier méconnu et pourtant riche d’histoire, tant en termes de mouvements de populations notamment immigrées (Europe du Sud et de l’Est, Afrique, Maghreb), que de transformations urbaines.

D’abord village puis quartier parisien, ce quartier est toujours resté très populaire. Son histoire est en partie liée à la question du travail et des mutations industrielles dans ce secteur de la capitale (disparition des vignes et moulins, exploitation des carrières de gypse, développement des abattoirs de la Villette…). De la petite ceinture au périphérique, des premiers baraquements à l’apparition des HLM dans les années 30, les transformations urbaines successives ont parfois abouti à le morceler. Inscrit en Politique de la Ville, le quartier Danube-Solidarité connaît actuellement une vaste dynamique de restructuration et de revalorisation avec des projets d’équipements nouveaux, de réurbanisation d’une friche, d’aménagement d’un jardin partagé, de réalisation de logements…

A un moment où les habitants sont invités à réinvestir des espaces restés longtemps en déshérence, le projet d’Atellanes pose la question de l’histoire et de la mémoire du quartier ainsi que de son appropriation par les habitants. Diverses initiatives autour du travail de mémoire ont déjà été lancées dans le quartier. Cependant, Atellanes souhaite avec ce projet, amplifier la démarche, en menant tout à la fois un travail de prospection, de recueil et de captation de témoignages, d’archivage et de numérisation, de réalisation et de diffusion audiovisuelles.

Ce projet doit aussi permettre de renforcer les échanges, les rencontres, développer une mémoire et une identité communes, de rendre plus lisible les évolutions et la diversité sociologique de ce quartier. C’est un projet qui se veut fédérateur et qui s’inscrit ainsi dans une large démarche partenariale (amicales de locataires, centre social, foyer de travailleurs migrants, associations de quartier, conseils de quartier, mairie d’arrondissement, OPAC…). Visant à réaliser un fond audiovisuel sur la mémoire du quartier, il s’appuie sur la participation des habitants, considérés comme des témoins privilégiés. Cherchant à valoriser le quartier et ses habitants, le projet tend à favoriser le travail de chacun sur sa propre mémoire et à la faire partager le plus largement possible. Il tend également à produire de nouvelles représentations pour lutter contre les préjugés et les discriminations, pour témoigner d’une histoire de la diversité, pour construire une mémoire collective partagée, pour rendre compte d’une mémoire plus intime de l’immigration dans ce quartier, pour initier une démarche collective et contribuer au renforcement du lien social.

La constitution du fond audiovisuel sur la mémoire du quartier s’appuiera sur plusieurs démarches de recueil de témoignages :

Des prises de vue régulières dans l’ensemble du quartier : témoignages visuels de la mémoire urbanistique et des transformations en cours.

Des témoignages collectifs recueillis et filmés dans le cadre de débats, rencontres, fêtes de quartier, organisés par le centre social, des associations partenaires, des instances participatives locales (conseil de la jeunesse, conseils de quartiers, conseil des résidents étrangers…).

Des entretiens individuels avec des habitants du quartier qui seront autant de portraits filmés permettant de recueillir des témoignages, informations et connaissances plus personnels basés sur un vécu particulier du quartier.

Des témoignages courts et multiples pour rendre compte de la diversité de la population et être des sortes d’instantanés en lien direct avec le présent. Ils représenteront les “témoins pluriels” d’un même quartier.

La recherche et l’utilisation d’archives publiques et privées pour donner un éclairage particulier sur telle période ou tel endroit précis du quartier, pour apporter des matériaux divers (lettres, textes, livres, documents officiels, photos, dessins, films, plans…), tous éléments qui viendront étayer les témoignages déjà recueillis. La recherche d’archives locales se fera en partenariat avec le centre Social Danube qui s’est déjà engagé dans un travail de collecte et de tri, avec des amicales de locataires, d’autres associations de quartier mais aussi avec des structures spécialisées travaillant sur ces questions (association Génériques, l’Institut national de l’Audiovisuel, la future Cité nationale de l’Histoire de l’Immigration …).

Chaque captation vidéo, chaque prise de vue, sera exploitée et une réflexion engagée sur les choix à faire au sein de ces multiples matériaux. Un travail de tri et de montage des séquences de rushes sera ainsi réalisé. Ce processus permettra de préciser les orientations de travail et d’assurer une cohérence à l’ensemble du projet. L’ensemble des travaux montés et numérisés sera à terme archivé dans une base de données audiovisuelle, étape préalable à un transfert des informations sur support DVD comme sur internet.

Un groupe de 20 à 30 jeunes, dans le cadre d’un partenariat avec l’équipe de prévention AJAM, contribuera à la recherche d’informations, aux prises de contacts, à la préparation des rencontres et à la direction des interviews. Ils bénéficieront d’une initiation aux techniques audiovisuelles afin de leur permettre également d’assister l’équipe de professionnels sur les tournages, le montage, la création de supports DVD et la mise en ligne sur Internet. Ainsi, ce groupe de jeunes sera aussi appelé à participer au travail de diffusion des travaux.

NB : Ce projet est amené à être développé plus largement jusqu’en 2009, avec comme axes principaux :
- La poursuite des prises de vues et tournages (à partir de nouveaux entretiens, rencontres collectives,…) ainsi que de la recherche d’archives locales, afin de continuer à alimenter la base de données audiovisuelles sur la mémoire du quartier.
- L’approfondissement du travail de diffusion avec la réalisation de supports DVD, la mise en ligne sur Internet du fond audiovisuel, l’organisation de projections, la participation à différentes manifestations…
- La réalisation d’un documentaire de 52 minutes.
- La participation à la mise en place dans le quartier d’un Centre de ressources Mémoire, projet en cours de réflexion et porté par le Centre social Danube et l’OPAC.
- Le renforcement du réseau d’échanges avec d’autres structures locales et plus largement franciliennes.
- La mise en place d’une démarche au niveau européen sur la base d’un projet d’échange avec un groupe de jeunes d’un quartier de Gênes en Italie.

Partenaires financiers

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