Résumé du projet
Ce projet initié en 2006 vise à mener une réflexion commune au sein de l’ARDEVA, composée de 34 réseaux d’associations de jeunesse et d’éducation populaire franciliennes (représentant 25000 bénévoles et élus associatifs, et 6000 salariés), pour repérer et mettre en valeur les actions et les pratiques d’éducation populaire et de citoyenneté portées concrètement par les associations, pour ensuite élaborer collectivement des propositions à soumettre aux pouvoirs publics. Faisant appel à des outils de travail innovants, le projet tend à rendre toute leur place aux associations dans une démarche de co-construction des politiques publiques engageant les citoyens.
Descriptif du projet
Les réseaux associatifs franciliens qui composent l’ARDEVA, partagent la démarche d’éducation populaire, quel que soit leur champ d’intervention privilégié (jeunesse, enfance, éducation, solidarité, insertion, logement, loisirs, culture, vacances…). Chacun de ces réseaux est lui-même constitué d’associations locales implantées dans les territoires au plus près des préoccupations des habitants. A travers des actions multiples, les associations d’éducation populaire cherchent à développer les pratiques citoyennes et à promouvoir l’accès aux droits, la lutte contre les exclusions, l’égalité et l’émancipation des personnes.
Or, l’ARDEVA fait aujourd’hui le constat que la dimension citoyenne et politique portée par ces associations, a perdu de sa visibilité publique. Elle dénonce un contexte général de distanciation des liens entre les pouvoirs publics d’une part, et les associations et les citoyens d’autre part, ainsi qu’une relation parfois instrumentalisée de commanditaire public à prestataire de service associatif.
Face à ce constat lourd de conséquences pour les associations mais surtout parce qu’il contribue à entretenir un rapport distendu des citoyens à la “chose publique”, l’ARDEVA a décidé d’engager une démarche d’écriture quotidienne et collective d’un “Livre ouvert” : espace de réflexion, d’auto-analyse et de travail internes aux réseaux de l’ARDEVA. Il s’agit de mobiliser l’intelligence collective des membres du réseau et leur capacité à agir ensemble, afin de montrer les « plus » apportés par les actions menées par les associations d’éducation populaire notamment en matière de lien social, de citoyenneté et de “mieux-vivre ensemble” en Ile-de-France.
L’élaboration d’une culture commune avec des points de vue et des objectifs partagés, permettra ainsi aux réseaux de l’ARDEVA de mener des actions et projets collectifs, et d’être force de proposition auprès des pouvoirs publics. L’objectif à terme, est d’arriver à instaurer des liens d’une autre nature avec les pouvoirs publics pour être reconnus comme des co-constructeurs des politiques publiques.
Le caractère expérimental et innovant de cette action réside tout d’abord dans son objet, la réappropriation par les acteurs associatifs de leur contribution d’éducation populaire aux actions qu’ils mettent en œuvre ; dans sa méthodologie coopérative et d’échanges de pratiques ; dans les outils utilisés pour faciliter la parole, la réflexion et la production collective (avec notamment le logiciel de sondage délibératif “Abaque de Régnier”, au cours de séances animées par l’association Culture et Liberté).
Contenu et déroulement de l’action :
1/ Généralisation des groupes de travail thématiques inter-réseaux afin de valoriser la diversité des pratiques et des expérimentations :
la commission culture-éducation populaire pour échanger sur les pratiques et les actions culturelles
le groupe de travail sur les formations linguistiques de base en faveur des personnes immigrées ou issues de l’immigration, pour travailler collectivement à la mise en place d’un programme régional de formation à partir des pratiques et des besoins identifiés sur les territoires
le groupe de travail d’accompagnateurs de porteurs de projets pour échanger sur les pratiques d’accompagnement des acteurs associatifs et s’attacher à la rédaction collective d’une charte de l’accompagnement.
2/ Développement de temps d’échanges inter-réseaux sur les concepts et les mots employés afin d’identifier les mêmes réalités sous les items comme “éducation populaire”, “économie sociale”, “développement durable”, “utilité sociale”, “démocratie participative”, ou encore les notions “public-habitants-usagers-adhérents”… Il s’agit ici d’avoir un langage commun à défendre à l’extérieur du réseau.
3/ Mise en place de groupes de travail inter-réseaux afin de faire émerger des représentations communes des fonctionnements et des productions actuelles des acteurs de l’éducation populaire :
usagers des associations
présidents de conseils d’administration des fédérations régionales
dirigeants salariés des têtes de réseau
bénévoles animant des activités
salariés représentant la diversité des métiers au sein des associations locales
Plusieurs séances de travail seront organisées avec le concours de l’association Culture et liberté, membre du conseil d’administration de l’ARDEVA, qui accompagne et anime la démarche de “Livre ouvert” grâce à l’outil informatique de “l’Abacque de Régnier”. Chaque séance regroupera un panel représentatif de la diversité des réseaux de l’ARDEVA (une quinzaine de personnes) pour chacune des catégories d’acteurs citées ci-dessus. Dans un second temps, l’ensemble des participants sera invité à réagir sur la production obtenue dans chacun des groupes. Ces regards croisés devront permettre d’avoir une vision claire de l’auto-représentation des pratiques (ce qui fonde et définit aujourd’hui les actions et les démarches mises en place par les associations d’éducation populaire) ; de déterminer les champs de préoccupation partagés et les axes prioritaires à travailler ; de constituer des groupes mixtes opérationnels pour élaborer des propositions politiques en direction des élus.
4/ Organisation des Assises régionales de l’éducation populaire en Ile-de-France, le 1er juillet 2006, au Château de Vaugrigneuse (91) :
Il s’agira au cours de cette journée, à partir de quelques exemples, de démontrer la capacité des associations d’éducation populaire à être force de proposition auprès des élus afin de mieux prendre en compte les besoins des populations et impliquer les citoyens lors de l’élaboration des politiques publiques. Cette journée, en cours d’élaboration, permettra notamment la tenue d’ateliers au sein desquels élus et responsables associatifs pourront débattre à partir d’expériences concrètes, de l’apport des réseaux d’éducation populaire dans l’élaboration de politiques publiques territoriales dans les champs de la démocratie participative, de la politique culturelle, et des politiques éducatives.
Pour l’ensemble du projet, un groupe de suivi est constitué, composé des membres du conseil d’administration de l’ARDEVA auxquels pourront être associés des représentants des structures associatives partenaires suivantes : CNAJEP, CPCA, CPCARIF. Il aura pour mission de veiller au bon déroulement des actions prévues, à la coordination globale du projet, à l’orientation de la démarche.
La plus-value attendue par l’ARDEVA à l’issue de ce projet, et qui constituera le cœur de l’évaluation est :
un renforcement en profondeur du réseau et de son identité,
une visibilité et lisibilité accrue vis-à-vis des partenaires associatifs et institutionnels extérieurs,
la création d’habitudes d’échanges et de mutualisations,
la capacité à traiter les questions en commun au sein du réseau sur un mode coopératif et non pas concurrentiel,
la mise en place de processus opérationnels co-construits.
Afin de mesurer les résultats, seront analysées et évaluées les capacités nouvelles à :
l’élaboration d’outils communs,
une meilleure circulation de l’information transversale,
la mise en place de projets communs,
à terme l’instauration de nouveaux rapports avec les pouvoirs publics.
La démarche est ainsi en elle-même porteuse des valeurs d’éducation populaire que l’ARDEVA souhaite promouvoir. Elle expérimente une nouvelle façon d’aborder l’éducation populaire dans une démarche participative et de formation des acteurs. En cela, elle tend à valoriser la citoyenneté, les processus collectifs pour renforcer les relations entre les associations et les citoyens, et les pouvoirs publics.
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