Le 15 janvier dernier, François Fillon déclarait « L’une des grandes responsabilités est de rétablir un lien de confiance entre la science et la société, et de mieux articuler la notion de progrès à la complexité des attentes de nos concitoyens. Et c’est là que la diffusion de la culture scientifique a tout son rôle à jouer, afin de conjurer les peurs irrationnelles, de promouvoir une vision de la science comme source de responsabilité et de liberté, et de rendre plus attractifs les métiers qui lui sont attachés. ». Si c’est là l’idée que nos politiques se font des effets de la culture scientifique et des causes des oppositions aux nouvelles technologies, ils se préparent des lendemains difficiles.
Le lien de causalité entre le manque de culture scientifique et les manifestations de rejets envers les sciences et les technologies, formalisé sous le vocable de « deficit model », correspond en effet à une vision simpliste et obsolète des motivations qui animent ces mouvements. Dans le cas du récent débat national sur les nanotechnologies, les personnes à l’origine du mouvement anti-nano qui a empêché le débat dans plusieurs villes sont bien plus au fait du sujet que la très grande majorité des Français. Mais les adeptes du « deficit model » sont encore nombreux parmi l’élite de la nation, non seulement chez les politiques mais aussi dans le monde de la recherche. On les trouve aussi logiquement parmi les acteurs de l’éducation populaire.
Et paradoxalement, si une connaissance minimale était nécessaire pour participer au débat public, pourquoi les chaînes de télévision publique n’ont-elles pas contribué à y préparer la population ? Tandis que le débat national se déroulait du 15 octobre 2009 au 23 février 2010, c’est seulement le 9 mars 2010 qu’a été diffusée la soirée spéciale consacrée par France 5 aux nanotechnologies. Et le sujet faisait finalement son apparition au 20h de TF1 le 20 mars.
Ensuite, les programmes de diffusion de la culture scientifique et technique (CST) soutenus par les institutions depuis quelques années maintenant ont-ils eu l’effet positif attendu sur le problème de la désaffection des filières scientifiques et de la crise des vocations en science ? Cela reste à prouver. Une note du Conseil d’analyse de la société intitulée « Les jeunes et la science. Faire face à la crise des vocations scientifiques » (mars 2007) et signée par Etienne Klein et Claude Capelier parle d’un « échec relatif » de la vulgarisation.
Dans ces conditions, à quoi sert la culture scientifique aujourd’hui ? Quels en sont les enjeux ? Quels changements encourager ?
Sciences et Démocratie vous propose de débattre de ces questions à partir de la rentrée. Dans cette perspective, l’association lance le présent appel à contributions.
Merci de nous laisser vos messages d’intention avant le 4 septembre par mail à “contact arobase sciences-et-democratie.org” ou en contactant Philippe Bourlitio par téléphone au 06.61.20.50.54.
Lire l’appel à contributions pour plus d’informations.
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