Résumé du projet
Recherche-action menée dans le cadre d’une étude comparative sur les émeutes en France et en Australie afin d'interpeller ces deux pays aux modèles d'intégration différents sur leur capacité à refonder le lien social, puis organisation de rencontres-débats.
Descriptif du projet
Le programme entend mettre en œuvre une recherche-action sur les émeutes françaises et australiennes de l’automne 2005 en liant étroitement l’enquête menée aux dimensions universelles de ces sociétés et en se penchant sur les facteurs contextuels socio-économiques, sociologiques, culturels, politiques comme historiques qui sous-tendent l’articulation particulière des tensions qui ont éclaté alors.
La problématique de cette recherche-action se fonde sur une série de questionnements : Comment la communauté scientifique, les élus locaux et nationaux, les média ont rendu compte de ces émeutes ? Est-il possible de dépasser les dimensions raciale (Australie) et ethnique (France) pour analyser les émeutes urbaines ? Comment les « émeutiers » expliquent-ils leur passage à la violence ? Sachant qu’au final, les deux questions essentielles de la démarche sont : est-ce que les violences urbaines de cet automne-là avaient dépassé la dimension protestaire des situations ressenties par les acteurs (discrimination, ségrégation spatiale, etc.) pour exprimer une revendication politique ? Est-ce qu’en dépit des singularités locales, ces émeutes constituent un phénomène qui réinterprète l’action collective ?
La situation australienne peut donner d’autres clefs de compréhension des évènements qui se sont déroulés en France, et vice-versa. En dépit des différences de régime (jacobino-républicain en France, parlementaire en Australie), des modes d’intégration dans la nation (universalisme rationaliste en France, multiculturalisme en Australie) et des populations concernées (essentiellement « postcoloniales » en France, anglo-autraliennes comme arabo-musulmanes sans lien à un passé colonial en Australie), il apparaît que ces crises urbaines ont questionné les sociétés locales, le rapport qui s’exprime à l’Autre, leur mode d’intégration des individus, leurs conceptions de la citoyenneté.
Ainsi l’enjeu de cette étude comparative entre la France et l’Australie est politique.
La demande de subvention concerne la recherche-action se déroulant en Ile-de-France où deux terrains d’enquête seront investis : la Grande Borne à Grigny et la cité Balzac à Vitry-sur-Seine. Des habitants de ces quartiers seront impliqués dans la recherche-action dans le cadre de 8 groupes de travail qui se constitueront et se réuniront la 1ère année du programme :
- celui des émeutiers ;
- des familles ;
- des associations (de locataires, culturelles et cultuelles) ;
- des techniciens de la politique de la ville (chef de projet, agent de développement, médiateurs, etc.) ;
- des élus locaux (maire ou adjoints, député et conseillers généraux et régionaux) ;
- des policiers (municipaux et nationaux) ;
- des commerçants (boulangerie, boucherie, épicerie, pharmacie, etc.) ;
- des services publics (la Poste, les bailleurs sociaux, les centres sociaux, les relais CAF/Sécurité Sociale/PMI, les piscines municipales).
Outre un travail de connaissance scientifique, la recherche action veut permettre à ces groupes d’habitants de dépasser la position de « sujet » d’une enquête pour être dans celle d’acteurs proposant leur propre schéma d’interprétation.
La 2nde année du programme sera consacrée au dépouillement, à l’analyse et à l’écriture du rapport. Une journée de restitution des résultats de la recherche-action sera organisée dans chaque commune ainsi qu’une journée régionale de réflexion au Centre de ressources Politique de la Ville en Essonne.
Modes de restitution et de mutualisation prévus :
- Organisation de 2 rencontres-débats dans les communes enquêtées, avec une participation active des institutions, des associations, des chercheurs et des populations.
- Diffusion de l’enquête sous forme d’une publication (500 exemplaires) et via sa mise en ligne sur le site internet de l’association.
- Organisation d’une journée de valorisation de l’étude en trois temps : autour de la thématique de recherche, autour d’une comparaison avec le cas australien et autour d’une discussion des résultats. Y seront conviés des élus locaux et des députés franciliens, des associations, des techniciens et des chercheurs.
- Participation au site internet www.projets-citoyens.fr (mise en ligne des productions issues du projet, annonce sur le site des différents événements liés au projet).


